HERMÈS x APPLE

HERMÈS x APPLE

Lorsque la très française et très prestigieuse Maison Hermès décide de s’acoquiner avec le californien le plus cool de l’industrie High-tech, Apple, on assiste à une mini révolution mêlant avec succès deux univers pour le moins différents. Hermès prônant les valeurs d’un ultra luxe quasi-artisanal made in France, la rareté de ses produits d’exception et la recherche des belles matières mises au service de l’élégance pure et Apple rêvant d’un monde ou chacun posséderait ses petits bijoux de technologie au design minimaliste et vendant inlassablement des millions d’I-quelquechose (Mac, Pod, Pad, Phone…) à ses Apple-groupies disposées à camper devant les flagships de la marque les veilles de lancements de nouveautés. Ambiance. 

On se souvient tous du Keynote lors duquel Tim Cook avait décidé de semer la zizanie dans le petit monde paisible de la haute horlogerie en annonçant la sortie de sa première montre connectée, l’Apple Watch. On se souvient aussi des tentatives plus ou moins réussies des grands acteurs de l’horlogerie depuis cette annonce fracassante pour contrecarrer les rêves de grandeur de ce nouvel entrant dans une industrie jusque-là plutôt préservée. Des tentatives souvent audacieuses, et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que les grandes Maisons d’horlogerie n’ont pas forcément vu venir Tim Cook et son tsunami horloger et que, par conséquent, personne n’avait vraiment de stratégie ou de ressources (humaines et financières) adaptées pour le développement d’une montre connectée qui tienne la route. Parce que si le concept de montre connectée n’est pas en révolution en soi, dans la mesure où il en existe depuis des lustres, c’est plutôt le fait que ce soit Apple qui se lance dans la course qui représente un danger mortel de force 8 pour les grandes manufactures horlogères. Parce qu’Apple = succès commercial assuré auprès d’une clientèle conquise avant même d’avoir le produit entre les mains et en dépit de prix souvent très élevés. Aussi élevés que certaines pièces entrée de gamme d'horlogerie dite classique. Sauf que "cher" + "même prix" = "j'aime bien les deux mais cela va de soi que je ne peux pas acheter les deux, donc je me trouve face à un choix cornélien afin de m'éviter un drame financier dont j'aurais du mal à me remettre." Et là, c'est très dommage pour les horlogers qui avaient pour objectif de s'adresser à une clientèle plus jeune et qui doivent désormais faire face à cette rude concurrence d'un genre nouveau...!

Tentatives audacieuses également, parce que pour la plupart des Maisons horlogères qui prennent le parti de communiquer sur les valeurs de leur héritage horloger, d'une tradition et d'un savoir-faire quasi-artisanal niché dans des ateliers perchés sur les montagnes suisses, il n’est pas forcément aisé d’opérer un U-Turn complet pour se lancer sur un nouveau territoire de communication relativement éloigné et inconnu.  Cela n’a néanmoins pas découragé tout le monde puisque Montblanc, Frédéric Constant,Tissot ou encore Tag Heuer, pour n’en citer que quelques uns, se sont lancés dans l’aventure connectée en présentant leur nouveautés lors du SIHH 2015 ou de Baselworld en mars dernier. Affaire à suivre, donc. 

Mais revenons à notre sujet… On part donc du principe que pour un horloger classique, bien qu’il soit tentant de s’engouffrer dans la brèche, l’opération reste tout de même assez périlleuse. Alors évidemment, lorsque Tim Cook nous a expliqué lors de son Keynote de la semaine passée que la Maison Hermès allait habiller son Apple Watch avec les cadrans de ses collections emblématiques telles que Cape Cod, Escape ou encore Clipper et qu’en plus les bracelets « sympa-sans plus » jusque-là proposés sur l'Apple Watch allaient être remplacés sur ces pièces par des bracelets imaginés par le sellier, forcément on a adoré ! D’abord, on a adoré l’idée, parce c’est quand même très malin et que finalement ça ne surprend pas tant que ça. De manière assez naturelle, Apple remonte d’un cran son positionnement haut de gamme et Hermès participe à l’aventure de la montre connectée en douceur et sans bousculer ses ateliers suisses. Malin, donc. On a aussi adoré l’objet, parce qu’il faut bien se l’avouer, le bracelet double tour en veau barénia naturel donne quand même pas mal de chien à cette petite boite en acier qui d’un seul coup se met à nous faire les yeux doux. A moins que l’on ne préfère la manchette ou qu’on ne se laisse tenter par les sublimes cuirs de couleur d'Hermès.  Evidemment, on a moins adoré le prix, mais quand on aime on ne compte pas ! Nul doute que cette pièce, aussi belle que fonctionnelle, saura séduire les modeuses de l'extrême jusque-là oubliées par Apple ! 

Pour se procurer cette petite beauté, uniquement en vente chez Hermès à partir du mois d'octobre 2015, le mieux reste de consulter la liste des magasins sélectionnés autour du monde juste ici

LE VERRE A MONIQUE // GENEVE

LE VERRE A MONIQUE // GENEVE

CAFE 338 // LONDON

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